"Mais pourquoi tu fais tout ça?"

"Mais pourquoi tu fais tout ça?"

Dur de devoir se justifier... Je veux vivre un rêve, et je m'en donne les moyens, voilà tout.

Mais bon les questions de mon entourage me font prendre conscience de la nécessité d'expliquer un peu cette démarche, alors je vais essayer.



 
 

De tout temps, des voyageurs ont tenté de répondre à cette question, et ce beaucoup mieux que moi (Bernard Ollivier, Sylvain Tesson, Nicolas Bouvier, Edouard Cortes...) Je vous invite donc à lire leurs bouquins car mes motivations ne sont pas différentes des leurs : je fais ça parce que je ne peux pas ne pas le faire!

Pourquoi prendre la route? Mais parce qu'elle existe!

Pourquoi grimper les montagnes? Parce qu'elles sont là!

Pourquoi aller ailleurs? Parce qu'il y a un ailleurs!

C'est tout simple, non ?

 

Pourquoi partir?

Faire un break d'un an dans notre train-train quotidien, prendre le temps que l'on n'a plus, et le consacrer à ma passion : m'émerveiller devant la beauté du monde et la diversité des cultures. Je recherche aussi par cette évasion une forme supplémentaire de liberté : non pas que je me sente verrouillé aujourd'hui, mais je veux éprouver ces degrés de liberté supplémentaires : Liberté matérielle (tout ce que j'ai se trouve dans mon sac à dos) Liberté de mouvements (seules les grandes lignes et les sommets de mon parcours sont tracées) Liberté temporelle : pouvoir rester plus longtemps dans un pays que j'ai aimé, ou au contraire « zapper » un pays qui ne m'inspire pas, bien que le programme que je me suis fixé soit hyper chargé !

Pourquoi grimper des montagnes ?

C'est vrai, au lieu d'aller tranquillement à la plage ou dans les lieux les plus connus et les plus accessibles comme tout bon touriste de base ? En partie parce que je considère que notre société occidentalisée qui veut gommer toute notion de contrainte, d'effort, de dépassement de soi, nous prive de la récompense que cela apporte d'obtenir ce pour quoi on s'est battu. Surtout lorsque cette récompense n'est pas matérielle, mais gratuite : un paysage, un lieu, une rencontre, un lever de soleil, un animal observé, un sommet ! J'aime l'effort, j'éprouve un réel plaisir à aller chercher au fond de moi les ressources nécessaires pour gravir un sommet, me lever super tôt pour savourer un lever de soleil, dormir dans l'inconfort pour vivre et partager la vie de mes hôtes ou m'abandonner aux plaisirs simples de la communion avec la nature. Je souhaite retrouver ces valeurs, en me levant tôt et « travaillant » dur non pas pour gagner plus ou produire plus, mais pour accéder à ce qui est gratuit et ne peut s'acheter.

Pourquoi seul ?

J'aime la découverte, l'inconnu, savoir prendre des décisions, avoir ma vie entre mes mains. Jamais je ne me sens aussi vivant que dans ces moments d'exaltation où, livré à moi-même, je sais que la suite dépendra des choix que je ferai. Plus d'assistance, plus de cadre, plus de conseils ou de recommandations. De plus en voyageant seul on est beaucoup plus enclin à rencontrer les autres, car on est dans un état d'ouverture d'esprit maximum, on a besoin des autres alors on va les voir, et ça ne les effraie pas de s'adresser à une personne seule. Je n'ai pas peur de la solitude, je la connais, elle m'accompagne depuis des années et je l'aime, je sais qu'elle est pesante parfois, mais là encore elle me permet de mieux apprécier la rencontre ou la retrouvaille qui suit. A nouveau je pense que c'est dans la difficulté que la récompense est la plus belle. Ce n'est pas du masochisme de ma part, bien au contraire, c'est une démarche plutôt épicurienne que de vouloir vivre à 100% cette aventure qui m'apportera des satisfactions au centuple des difficultés que j'aurai eues à surmonter pour y arriver. Lors de mon baptême, le pasteur m'avait donné ce message « Dieu n'a pas promis la facilité, mais il a promis la victoire ».

C'est cet état d'esprit qui m'anime depuis, cette certitude que les belles choses ne s'acquièrent qu'à un prix élevé, que les difficultés sont là mais que la victoire n'en est que plus belle. Et que même dans les difficultés on peut trouver un bonheur immense à se battre pour s'en sortir. Depuis ce jour, je ne recherche pas (toujours) la facilité, mais la victoire.

Allez, pfffiou, profitons maintenant! Je pars!